septembre 2009
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septembre 2009: Cardonnel
L'été 2009 s'est
ouvert sur une suite de funestes actualités: catastrophes aériennes,
disparition de vedettes mondialement médiatisées; personnellement, c'est
par la mort de mon vieux frère, Jean Cardonnel, survenue six ans après
celle de son cadet Jacques, que je me suis trouvé atteint.
Dans ses ouvrages
largement autobiographiques: J'ai épousé la Parole (Gallimard
1972), Je ne serai jamais sous la terre (Robert Laffont, 1976),
Fidèle Rebelle (Albin Michel, 1994), il a exposé les diverses faces de
sa conception de la vie.
Cette vie longue de
88 années, j'en ai partagé la tranche des années 40/50 du siècle dernier,
au couvent de Saint Maximin puis Marseille. C'était pour nous le temps de
la verte feuillée, où il nous apparaissait que l'important n'était
peut-être pas tellement de devenir sages, que d'aller au-devant des dieux.
Et Dieu sait que, sous le ciel varois, nous étions alors une escouade de
jeunes décidés à y aller d'un bon pas. Parmi nous, plus que d'autres, il
donnait le ton. Il comptait.
Doué d'une incroyable
qualité de parole jubilatoire - par ailleurs redoutable dialecticien - le
flot jaillissait de ses lèvres telle une lave; elle l'épuisait sans
s'épuiser. Lui, préférait la vie de chien que ces conditions lui
annonçaient, à toutes les chiennes de vie.
Un symbole dominicain
par excellence est celui du chien qui n'en finit d'aboyer. Image qui lui
convient, mieux qu'à quiconque, digne des grands ancêtres, de Las Casas à
Lacordaire, pour ne citer que deux qui lui étaient chers.
A cette heure pensant
à lui tourné vers le Seigneur, je ne puis que dire:
" Brûlante est ta
parole, c'est pourquoi ton serviteur l'a aimée!"

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