octobre 2012
Granet
L'éclat
dans lequel la postérité a placé
Cézanne a, pour contre-coup, quasiment occulté
l'excellence d'un autre peintre aixois: Granet (1775-1849).
Elève
d'abord de Constantin dans sa ville natale, puis de David, à
Paris, il vint enfin demeurer à Rome où il arriva
en 1802, avec son ami Auguste de Forbin, et qu'il ne quittera que
vingt-deux ans plus tard, en 1824. Ami, à la Villa
Médicis de Ingres, il fut portraituré par ce
dernier, et lui rendit la pareille. ,Par la suite ce ne fut pas la Rome
antique qui le séduisit, mais la pontificale des
XVII° et XVIII° siècles; c'est ainsi qu'il
devint le spécialiste des églises,
cl
oîtres et catacombes. Ce dont il se gaussait
lui-même auprès de ses copains s'affublant du
titre de "curé de Saint Jean de la Pinette".
Paradoxalement,
c'est une fois revenu en France, appelé à Paris
par l'ami Forbin, devenu membre du gouvernement, pour y être
conservateur du château de Versailles, que son art trouva son
embellie.
D'où la collection des 200 dessins et aquarelles que
possède, de lui, le Louvre. Trésor que l'on aurait
intérêt à ne pas laisser dans l'obscurité
d'un Hortus Conclusus, comme c'est le cas aujourd'hui.
Une fois installé à Versailles, logé près
de la pièce d'eau des Suisses, il opta pour une carrière
de "paysagiste", pratiquée jusqu'à son dernier souffle.
A
paris, il vint assister Vivant-Denon dans un travail de mise en place
du nouveau musée du Louvre; puis, atteint par la limite
d'âge, il revint au pays retrouver le cadre bucolique d'un
quotidien rendu par sa palette à la si délicate
fraîcheur poétique.
Dans
le fond la différence entre Cézanne et Granet tient dans
la confrontation de leurs deux maximes. L'un, le maître d'Aix, ne
cessait de ressasser en marmonnant: "La vie n'est pas une existence",
alors que François Marius Granet, lui, ne cessait de
déclarer à qui voulait l'entendre:" Rien n'est plus beau
que de vivre".
Retour
à liste des billets d'humeur