mars 2010
Moyen-Age,
mon beau souci
De 1950 à l'an Deux Mil, ma
condition fut celle d'un médiévaliste, métier mené au côté d'un
inoubliable maître et ami, Georges Duby.
Au cours de la décennie qui
vient d'ouvrir le siècle présent, j'ai pu constater à quel point on
pouvait en venir à mettre comme entre parenthèses l'âge médiéval.
Or le f
il de la continuité historique ne serait se
laisser tronçonner. Si nous n'y prenons garde la tentation nous guette
de nous imaginer qu'il se passe des événements ("notre temps"), avec
entre-deux, des moments de vacuité où il ne se passerait
quasiment rien. Non il n'y a pas de temps engourdi et le Moyen-Age n'a
pas à être frappé de disqualification. Si la chose se présentait elle
témoignerait simplement de notre peu de clairvoyance.
Les étapes d'une vie sociale se
présentent selon trois phases: une première d'évolutions, suivie d'une
seconde de déconstruction, cette dernière laissant enfin place à une
reconstitution du tissu social.
Peut-être que les moments de
grande culture sont ceux qui se situent en un point à la foisde
fracture et de jointure? Ce que nous désignons souvent par le mot
CRISE. Les crises pouvant éclater avec violence, parfois se présenter
sous des dehors, sinon harmonieux, du moins acceptables.
De la même manière que les
organismes multicellulaires maintiennent la fragile vie de la cellule,
ainsi pour l'homme, être social, la société réalise le continuum d'une
destinée.
Considérée sous l'angle de la
longue durée, chère à Fernand Braudel, tout se passe comme si, sur le
silence des innocents piétinés, tant de détresse aboutissait à tisser
l'étoffe d'une histoire où les accidents se neutralisent, les écarts se
compensent, pour finir par donner un tableau d'une certaine cohérence,
propre à exprimer les vaillances de la vie.
Pensons au mot de St. Paul aux
Romains (VI-4):"Ita et nos in novitate vitae ambulemus - Et nous en
nouveauté de vie allons de l'avant.
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