mars 2008
Sur une formule
Ecrivant à mes amis, j'aime les
quitter en les confiant à la sainte garde du Seigneur.
Or, reprenant des lectures autour
d'Erasme, je trouve une lettre conservée à la bibliothèque de Bâle, (où le
grand humaniste est mort dans le nuit du 11 au 12 juillet 1536), à lui
adressée par le roi François I°, depuis St. Germain -en-Laye, en date du 7
juillet 1723. Par cette missive le roi signifie à Erasme que,
lorsqu'il voudra venir à la cour, il y sera le bienvenu et le roi termine
son billet sur cette formule: " cher et bon amy,nostre seigneur vous ait
en sa garde". dans la marge de l'original Erasme a noté :"hec rex
scripsit propria manu".
Quelques années plus tard, je
retrouve la même formule sous le calame de l'archevêque d'Arles, Jean
Ferrier, qui depuis Avignon, expédie une lettre d'affaires à son procureur
d'Aix-en-Provence, datée du 2 novembre 1539, se terminant sur ces mots:"
Après avoir prié Notre Seigneur vous avoir en sa sainte garde, me
recommandant à votre bonne grace". (Lettre publiée dans la Gallia
christiana novissima , au tome d'Arles, n° 2111, colonne 904.)
De même, auprès de ses amis les
plus proches, Alexandre Dumas usait, lui aussi, de la même formule pour
leur témoigner son attentive affection.
Il me semble que l'on ne peut, en
effet, souhaiter rien de meilleur à ceux qui nous sont chers,qu'une telle
proximité tout au long des jours de notre vie.
On pense au commentaire sublime de
Bossuet sur la promesse de Jésus faite au Bon Larron , "Aujourd'hui
tu seras avec moi dans le Paradis":"Aujourd'hui, quelle promptitude. Avec
moi, quelle compagnie. Au Paradis, quel séjour."
Que le Seigneur puisse avoir tous
mes lecteurs, comme moi-même, en sa sainte garde!
