mai 2013
Barbey d'Aurevilly
Le mois dernier, ici même, j'évoquais la mémoire de
l'abbé Buquet (1796-1872). Ce fut, à Stanislas, le
maître de Barbey d'Aurevilly (1808-1889). Aujourd'hui, c'est
après le maître, la figure du disciple que
l'actualité m'invite à saluer.
En effet les lettres adressées par l'auteur des Diaboliques à son maître Trébutien -le libraire-éditeur-médiéviste de Ca
en
(1800-1870), viennent enfin, grâce à l'éditeur
Bartillat (édition confiée aux bons soins critiques de
Philippe Berthier), d'être publiées. Il s'agit d'un volume
de 1 252 pages présentant un corpus de 389 missives
échelonnées de 1832 à 1858.
Le
pacte d'amitié est rompu brutalement à la date du 29
novembre 1858, par suite d'une brouille demeurée jusqu'à
ce jour inexpliquée. Peut-être suffit-il de se
référer à la sentence célèbre
d'Horace dénonçant le genus irritabile vatum?
Aux
amateurs de vie littéraire on ne peut que souhaiter la
possession de ce trésor, foisonnant de richesses
insoupçonnées, distribuées à profusion par
la plume au meilleur de sa forme, d'un Barbey bien résolu
à jouer le rôle d'un correspondant, comme il le dit
dès la première lettre (p. 28), décidé
"à ne pas mettre de gants". Résolution qu'il tiendra per fas et nefas pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, et Dieu sait avec quelle verve!
Son
disciple Léon Bloy, un an après la mort du
connétable des lettres, comme il aimait appeler son
modèle, saluera la mémoire "du glorieux
écrivain...laissant à quelques esprits douloureux le
réconfort de se souvenir de lui comme de la plus belle
conscience littéraire jamais vue".
Bel
hommage rendu à celui qui, avec quelques autres, ne peut
être dit descendu du singe, à l'instar de tout un chacun,
mais appartient à la catégorie choisie de ceux qui
descendent du songe...
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