mai 2008
Le Quattrocento
En février je commémorais ici le
centenaire de la publication du chef d'oeuvre de l'abbé Bremond, la
Provence Mystique. Aujourd'hui, je n'hésite pas à récidiver, puisque en
1908 la librairie Académique Perrin, à ce jour toujours florissante,
mettait sur le marché la nouvelle édition de l'ouvrage dû à la plume de
Philippe Monnier, intitulé:"Le Quattrocento - Essai sur l'Histoire
Littéraire du XV° siècle italien" (première édition en 1900).
En deux tomes, offrant au lecteur
une suite d'environ 800 pages - fait, hélas, défaut à l'ensemble un index des
noms-, l'auteur brosse une étude d'une remarquable qualité sur ce siècle
italien qui redonna à l'homme européen confiance en ses possibilités. Au
sein de la péninsule, de Venise à Naples, en passant par Florence et Rome,
se révélèrent des exemples d'humanité, parmi les plus complets , les plus
harmonieux de ceux qui étoilent le ciel de l'histoire des hommes.
Relisant cet essai (puisque j'en
suis à l'âge, où comme disait Royer-Collard on ne lit plus, mais où
on relit), je me persuadais que le temps écoulé, d'un bon siècle, n'a en
rien entamé la qualité exceptionnelle de ces pages, véritable coup de
maître.
Certaines, je pense à celles (tome
I, p. 251-257) où se trouve par exemple évoquée la figure d'Eneas Sylvius
Piccolomini devenu le pape Pie II le 19 août 1458, peuvent être citées
comme particulièrement exemplaires.
Oui ce fut le siècle qui vit
briller Pie II et ses amis, Nicolas de Cuse et Bessarion, un Leone
Battista Alberti, régner Laurent le Magnifique, vivre fra Angelico, mourir
Savonarole et son disciple Pic de la Mirandole, élève de Marsile Ficin,
naître Léonard de Vinci et Michel-Ange, ces géants qui montrèrent tout ce
que l'homme pouvait. De ce siècle, malgré son lot de misères, ce fut bien
là l'incontestable grandeur.
