Paul Amargier

Billets : juin2007  

 

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Juin 2007

En Marge d'un anniversaire

Quand il y a de cela soixante dix ans, j'étais le "sombre et stupide jeune homme" dont parle Péguy, mes préférences allaient à l'algèbre pascalienne . Aujourd'hui à la veille de mon anniversaire - ce 15 juin, 83 ans-  c'est plus volontiers vers Montaigne que je me tourne.

Il est vrai que du dialogue de nos deux classiques, Montaigne - Pascal, se dégage la musique "la plus solennelle que le génie français ait jamais fait rendre à l'instrument qui lui est propre" (Ch. Du Bos). Puissions-nous maintenir au plus profond de nous ce dialogue toujours vivant!

Pour en revenir au sage auteur des Essais, retiré à  45 ans sur ses terres périgourdines, c'est au chap. 39 du 1° livre, intitulé  De la solitude, que je retourne le plus volontiers, afin d'y cueillir les conseils propres à ma condition d'aujourd'hui: " ce n'est pas en effet une légère partie que de ménager sûrement sa retraite ". Aussi faut-il s'y préparer, car à 80 ans passés, c'est de l'ultime départ qu'il est question. Pour ce départ définitif plions donc notre bagage... Montaigne conseille à juste titre de savoir prendre congé de bonne heure de la compagnie. Il est temps, dit-il, de nous dénouer de la société, à partir du moment où nous ne pouvons plus rien lui apporter. La leçon majeure du sage aquitain n'aura-t-elle pas été de nous avoir appris que la meilleure chose du monde est de "savoir estre à soy"?

Le chapitre IX du livre troisième De la vanité, contient lui aussi une série de réflexions fort propres à éclairer la route du solitaire. La page 1134 de l'édition Thibaudet ( Pleïade, 1950) dédiée à "nos vacations farcesques " compte au nombre de ces textes majeurs. Il en est un cependant ( p. 1058), sur lequel il me plaît de clore :"Il devrait y avoir quelque coercition des lois contre les écrivains ineptes  et inutiles, comme il y en a contre les vagabonds et fainéants. On bannirait des rangs de notre peuple et moy et cent autres. Ce n'est pas moquerie. L'escrivaillerie semble estre quelque symptome d'un siècle débordé".

A bon entendeur salut.

 

 

 

 

 

 

 

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