décembre 2013
Les
Bagaudes
Les événements de ces dernières
semaines, en Bretagne, auxquels nous assistons, de révolte
antifiscale, obligent l'historien, qu'autrefois je fus, à
porter son regard du côté des Bagaudes.
C'est
au iii° siècle de notre ère que se
forment icic ou là des bandes de
déclassés: anciens légionnaires,
déserteurs, chenapans en cavale, auxquels viennent se
joindre les rustici ( paysans) écœurés par leur piètre
condition sociale.
A ces groupes de marginaux
résolus à mettre en
difficulté les pouvoirs en place, par des actions violentes,
on a donné le nom de Bagaudes.
Un temps sortis des cadres de
l'histoire classique, l'actualité les introduit à
nouveau au cœur de l'histoire
réelle, aujourd'hui c
omme hier - en 1675-79, quand ils luttaient
contre les taxes et le "papier timbré", ils arborent des
bonnets rouges.
Ayant élu un
empereur (romano moda),
les Bagaudes de l'antiquité tardive, au dire des
chroniqueurs de langue latine, leurs contemporains, n'avaient qu'un
seul but: se séparer de l'Empire romain ( a romana societae discesserunt).
Ce qu'ils firent, tactiquement, en tout premier se rebellant contre les
exigences du fisc.
A travers les
siècles d'histoire européenne c'est là
une constante: toutes les jacqueries médiévales
jusqu'au revendication bretonnes du XVII° siècle et
d'aujourd'hui, toutes , sans exception, ont connu leur point de
départ dans une réaction populaire de rejet face
à une oppression fiscale perçue comme inique.
Au V°
siècle, pour un temps, les Bagaudes en vinrent à
faire alliance avec les Gaulois, et les Romains, pour faire
échec à Attila et ses Huns avec succès
aux Champs catalauniques ( automne 451 près de Troyes),
premier essai d'une sorte d' union nationale qui ouvrit la voie
à Clovis fort de ses succès à Tolbiac
sur les Alamans (496) et en 507 à
Vouillé sur Alaric, victoires fondatrices.
Illustration:
en Gaule , au temps des Bagaudes on scie du bois. Rien n'a
changé.
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