avril 2010
Templiers 1310
Le mois
dernier j'exprimais une certaine nostalgie des rivages médiévaux. Aujourd'hui
concrétisons ce retour (nostos en grec signifie "retour") avec
la tragédie vécue par l'ordre du Temple dans les années 1307-14. C'est le 7
avril 1310 que neuf tem
pliers se portèrent volontaires pour défendre face aux
instances judiciaires leur ordre attaqué.
Dès octobre
1307, le Grand Maître Jacques de Molay cité à comparaître devant les
enquêteurs avait fini par avouer (sans doute sous les pressions) des
fautes, niées ensuite au début de l'an 1308, pour les confesser derechef au
mois d'août de la même année et, enfin, les nier à nouveau en novembre 1309.
Plus tard, il se reprochera, non d'avoir commis des crimes, mais d'en avoir
confessé de faux...
En janvier
1310, 546 Templiers, que l'on avait fait venir à Paris de toutes les
commanderies du pays, pour y être entendus d'une commission pontificale, se
manifestèrent comme étant incapables de comprendre les méandres de la
procédure dans laquelle ils se trouvèrent impliqués. Il s'avéra comme le
dit Jacques Favier, dans son Philippe le Bel (Fayard, p.470), "que
c'étaient de braves gens qui n'avaient pas cru commettre un crime en devenant
templiers"...
Il fallait
maintenant les juger.
Un
homme devait
jouer un rôle clef dans cette affaire, Philippe de Marigny, frère du
chambellan de Philippe le Bel, Anguerand de Marigny (qui finira ses
jours pendu au gibet de Montfaucon).
Evêque de
Cambrai, Philippe de Marigny fut opportunément muté sur le siège de Sens,
archevêché où devait se rendre la sentence, celle appelée à faire
jurisprudence.
Il importait
que l'archevêque fût un homme sûr, docile aux injonctions royales. Le
frère du prélat s'en portât garant auprès du monarque et le pape Clément
V ne fit que ratifier.
Au concile
de Vienne (France) ouvert en octobre 1311, l'archevêque Marigny gagna au vues
du roi l'ensemble de l'épiscopat français. Le sort de l'ordre du Temple s'en
trouva scellé, jusqu'au supplice final du 19 mars 1314.
A l'hommage
rendu aux Templiers, nous joindrons la mémoire de Marguerite Porète elle aussi
brûlée vive, à Paris, le 1° juin 1310, martyre de la liberté de conscience.

NB. C'est du pape Eugène III que les templiers reçurent leur croix rouge en 1146
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